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Comment mémoriser vos raccourcis clavier ?

Tout le monde connaît les principaux raccourcis clavier : Ctrl + C pour copier, Ctrl + V pour coller… Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. La plupart des logiciels grand public proposent des centaines de raccourcis : Blender, Adobe Photoshop, Excel, et ne parlons pas des logiciels plus niche. Alors, existe-t-il une méthode efficace pour pleinement mémoriser ses raccourcis clavier ?

Un peu d’histoire et de théorie

Pas le temps pour la théorie ? Passons directement aux astuces

Les raccourcis clavier ne datent pas d’hier. Dans les années 1970, les travaux menés au Xerox PARC autour du Xerox Alto ont contribué à poser les bases de nombreuses interactions avec le texte que nous utilisons encore aujourd’hui.

Quelques années plus tard, chez Apple, ces principes sont repris et popularisés avec le Lisa puis le Macintosh. C’est notamment à cette époque que les célèbres ⌘C, ⌘X, ⌘V et ⌘Z s’imposent. Leurs équivalents avec Ctrl deviendront ensuite des conventions incontournables sur Windows.

Mais au fond, qu’est-ce qu’un raccourci clavier ?

Le manuel du premier Macintosh en donne une définition assez simple : ce sont des moyens plus rapides d’effectuer des actions que l’on pourrait normalement réaliser autrement, notamment avec l’interface graphique.

C’est cette définition que nous retiendrons ici. Un raccourci n’est donc pas indispensable pour effectuer une action : il permet surtout de gagner du temps une fois que l’on connaît cette action.

Et c’est là que le problème commence. Les logiciels modernes proposent parfois des centaines de raccourcis. Microsoft Word en recense aujourd’hui plus de 200, tandis que des logiciels comme Blender ou Photoshop en proposent encore davantage.

Il ne s’agit donc pas de tous les apprendre par cœur, mais plutôt de savoir lesquels apprendre, comment les découvrir et comment les transformer en automatismes.

Quelques exemples d’utilisation avancée

Pour observer des utilisateurs expérimentés à l’œuvre, rien de mieux que de se tourner vers les milieux compétitifs, comme la programmation compétitive ou les compétitions Excel. On remarque rapidement que ces utilisateurs maîtrisent les raccourcis clavier de manière presque instinctive : ils savent à l’avance quelle action ils souhaitent effectuer et utilisent directement le raccourci correspondant, sans avoir à y réfléchir.

Mes astuces

1. Plugins qui affichent le raccourci qui aurait pu être fait ★★★★

Les raccourcis clavier sont finalement peu utilisés, non pas parce qu’ils sont inefficaces, mais parce que les interfaces n’incitent pas suffisamment les utilisateurs à les apprendre. On peut prendre l’exemple des navigateurs : presque tout le monde est aujourd’hui un utilisateur expérimenté d’un navigateur, parfois après des années d’utilisation quotidienne. Pourtant, peu de personnes utilisent des raccourcis pour changer d’onglet, même lorsqu’ils permettent de gagner du temps.

La raison est simple : l’utilisateur lambda n’a généralement ni le temps ni l’envie d’apprendre une longue liste de combinaisons de touches pour des actions qu’il peut déjà effectuer facilement avec la souris. Et c’est parfaitement normal. Ce phénomène ne concerne d’ailleurs pas uniquement les navigateurs : on le retrouve dans les logiciels de bureautique, les outils professionnels, les systèmes d’exploitation et, plus généralement, dans la plupart des interfaces graphiques.

L’interface graphique permet précisément de ne pas avoir à mémoriser ces commandes. L’utilisateur peut reconnaître une action dans un menu ou sur un bouton plutôt que de devoir se rappeler la combinaison de touches correspondante. Le raccourci clavier devient alors une optimisation destinée aux utilisateurs qui souhaitent investir du temps dans l’apprentissage de leur outil.

Des solutions tentent de résoudre ce problème notamment :

2. La souris pour découvrir, le clavier pour automatiser ★★★★

Lorsqu’un utilisateur découvre une nouvelle fonctionnalité ou une nouvelle application, il est essentiel qu’il commence par utiliser l’interface graphique. Il doit d’abord comprendre où se trouve la fonctionnalité et comment elle fonctionne avant de chercher à l’optimiser avec un raccourci clavier. Le raccourci doit ensuite devenir un automatisme, et non une action à laquelle l’utilisateur doit constamment réfléchir. C’est un peu comme apprendre à marcher : au début, l’enfant réfléchit à chaque mouvement, puis, avec la répétition, le geste devient naturel et inconscient.

3. Prioriser plutôt que tout mémoriser ★★★★

Lorsqu’on utilise un logiciel, on n’exploite généralement qu’une partie de ses fonctionnalités. Certaines sont utilisées très fréquemment, tandis que d’autres le sont beaucoup moins.

C’est à partir de ce constat qu’il est pertinent de prioriser la mémorisation de certains raccourcis plutôt que d’autres, en fonction de leur fréquence d’utilisation et de leur importance dans les usages quotidiens.

4. S’entrainer spécifiquement sur des logiciels grâce a des plateformes (Photoshop, VS Code, Excel etc) ★★

Un raccourci clavier devient réellement utile lorsqu’il se transforme en automatisme. Pour y parvenir, rien ne vaut la pratique régulière, directement dans les logiciels que vous utilisez au quotidien.

Certaines plateformes permettent de s’entraîner sur des mises en situation concrètes, reproduisant des tâches réelles sur des logiciels comme Photoshop, VS Code, Excel, etc. Cela permet de mémoriser les raccourcis en contexte, plutôt que de simplement apprendre une liste de combinaisons par cœur.

5. Apprendre les raccourcis claviers communs ★

Avec le temps, certains raccourcis clavier sont devenus des standards que l’on retrouve dans la plupart des logiciels : Ctrl/⌘ + S pour enregistrer, Ctrl/⌘ + C pour copier, Ctrl/⌘ + V pour coller, etc.

Les apprendre est donc particulièrement rentable : une fois mémorisés, ces raccourcis deviennent des automatismes utilisables dans de nombreux logiciels. Ils permettent ainsi de gagner du temps en réduisant les manipulations répétitives.

Voici la liste à connaitre :

Action macOS Windows Linux (GUI)
Copier ⌘ + C Ctrl + C Ctrl + C
Couper ⌘ + X Ctrl + X Ctrl + X
Coller ⌘ + V Ctrl + V Ctrl + V
Annuler ⌘ + Z Ctrl + Z Ctrl + Z
Rétablir ⌘ + ⇧ + Z Ctrl + Y Ctrl + Y*
Tout sélectionner ⌘ + A Ctrl + A Ctrl + A
Enregistrer ⌘ + S Ctrl + S Ctrl + S
Ouvrir ⌘ + O Ctrl + O Ctrl + O
Nouveau ⌘ + N Ctrl + N Ctrl + N
Fermer ⌘ + W Ctrl + W Ctrl + W
Quitter l’application ⌘ + Q Alt + F4 Ctrl + Q / Alt + F4
Rechercher ⌘ + F Ctrl + F Ctrl + F
Imprimer ⌘ + P Ctrl + P Ctrl + P
Actualiser ⌘ + R F5 / Ctrl + R F5 / Ctrl + R
Début de ligne ⌘ + ← Home Home
Fin de ligne ⌘ + → End End
Début du document ⌘ + ↑ Ctrl + Home Ctrl + Home
Fin du document ⌘ + ↓ Ctrl + End Ctrl + End
Déplacer le curseur par mot ⌥ + ← / → Ctrl + ← / → Ctrl + ← / →
Supprimer le mot précédent ⌥ + Backspace Ctrl + Backspace Ctrl + Backspace
Supprimer jusqu’à la fin du mot ⌥ + Delete Ctrl + Delete Ctrl + Delete

* Sous Linux, le raccourci de rétablissement peut varier selon l’application ; Ctrl + Shift + Z est également très courant.

Bonus

L’astuce n°1 est particulièrement efficace : elle permet de rapidement transformer les raccourcis clavier en réflexe sans y consacrer du temps

Cependant, il existe très peu de projets présentant les mêmes caractéristiques et d’après mes recherches, presque aucun ne semble s’intégrer directement au système. Le seul projet que j’ai trouvé dans cette direction est KeyNudge disponible sur MacOS, que je n’ai toutefois jamais pu testé ( je n’ai pas de Mac).

Utilisant GNOME au quotidien, j’ai commencé à développer un POC afin de vérifier si l’API d’accessibilité ATSPI2 pouvait permettre de réaliser ce type d’application. Les premiers tests sont concluants.

Selon le moment où vous lirez cet article, le projet aura peut-être évolué et sera peut-être devenu suffisamment abouti pour être utilisé au quotidien. Si vous souhaitez suivre son évolution, vous pouvez retrouver le projet ici : Shortcut Reminder

Sources