Tout le monde connaît les principaux raccourcis clavier de son système : Ctrl + C pour copier, Ctrl + V pour coller… Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. La plupart des logiciels grand public proposent des centaines de raccourcis : Blender, Adobe Photoshop, Excel, et ne parlons pas des logiciels plus niche. Alors, existe-t-il une méthode efficace pour pleinement mémoriser ses raccourcis clavier ?
Un peu d’histoire et de théorie
Pas le temps pour la théorie ? Passons directement aux astuces
S’il fallait retenir un nom dans l’histoire du copier-coller et des raccourcis clavier sur interface graphique, ce serait sans doute Larry Tesler. Dans les années 1970, alors qu’il travaille chez Xerox PARC, Tesler participe à des recherches sur le Xerox Alto, qui contribuent à poser les bases des interactions modernes avec le texte : sélection, déplacement, insertion et manipulation de contenu à l’aide de commandes clavier.
Quelques années plus tard, chez Apple, Tesler et son équipe reprennent et perfectionnent ces principes pour les interfaces du Lisa, puis du Macintosh. C’est notamment à cette période que sont définies et popularisées les combinaisons ⌘C, ⌘X, ⌘V et ⌘Z que nous connaissons encore aujourd’hui.
Le choix des touches n’est d’ailleurs pas entièrement arbitraire. Le C fait naturellement référence à Copy. Le X est associé à Cut, tandis que le V a été choisi en partie pour sa forme, qui rappelait un symbole utilisé dans certains systèmes d’édition de texte pour indiquer un emplacement d’insertion. Les touches C, X et V ont également l’avantage d’être regroupées sur le clavier, ce qui facilite leur utilisation avec une seule main.
Ces conventions ont ensuite largement dépassé l’univers Apple. Microsoft les a notamment reprises dans ses propres logiciels et systèmes, en remplaçant la touche ⌘ par Ctrl. C’est ainsi que des combinaisons comme Ctrl+C, Ctrl+X et Ctrl+V sont progressivement devenues des conventions presque universelles de l’informatique personnelle. Qu’est-ce qu’un raccourci clavier ?
Le manuel du premier Macintosh donne une définition particulièrement intéressante des raccourcis clavier :
« In general, Macintosh shortcuts are just quicker ways to do things you can ordinarily do “the long way”. »
Autrement dit, un raccourci clavier est avant tout une manière plus rapide d’effectuer une action qui pourrait également être réalisée autrement, généralement à travers l’interface graphique.
C’est cette définition que nous retiendrons dans cet article. Elle permet notamment de distinguer les raccourcis clavier de l’appuie d’une combinaison de touche sur un terminal par exemple car d’un côté elle est nécessaire car l’unique manière de réaliser une action et de l’autre elle est optionnel et permet de gagner du temps
Cette distinction peut sembler anecdotique, mais elle permet de mieux comprendre l’intérêt des raccourcis clavier : ils ne remplacent pas l’interface graphique, ils permettent de contourner certaines de ses étapes lorsqu’on connaît déjà l’action que l’on souhaite effectuer.
À l’époque, les logiciels proposaient pourtant beaucoup moins de raccourcis qu’aujourd’hui. Microsoft Word 1.0 pour Macintosh comptait ainsi 44 raccourcis clavier, ce qui en faisait déjà l’un des logiciels Macintosh les plus riches dans ce domaine.
Les logiciels modernes sont d’une tout autre ampleur. Une liste de référence récente de Microsoft recense aujourd’hui +200 raccourcis pour Word.
Le véritable problème est plutôt de savoir lesquels apprendre, comment les découvrir et surtout comment faire en sorte qu’ils deviennent des automatismes.
Quelques exemples d’utilisation avancée
Pour observer des utilisateurs expérimentés à l’œuvre, rien de mieux que de se tourner vers les milieux compétitifs, comme la programmation compétitive ou les compétitions Excel. On remarque rapidement que ces utilisateurs maîtrisent les raccourcis clavier de manière presque instinctive : ils savent à l’avance quelle action ils souhaitent effectuer et utilisent directement le raccourci correspondant, sans avoir à y réfléchir.
Mes astuces
1. Plugins qui affiche le raccourci qui aurait pu être fait ★★★★
Les raccourcis clavier sont finalement peu utilisés, non pas parce qu’ils sont inefficaces, mais parce que les interfaces n’incitent pas suffisamment les utilisateurs à les apprendre. On peut prendre l’exemple des navigateurs : presque tout le monde est aujourd’hui un utilisateur expérimenté d’un navigateur, parfois après des années d’utilisation quotidienne. Pourtant, peu de personnes utilisent des raccourcis pour changer d’onglet, même lorsqu’ils permettent de gagner du temps.
La raison est simple : l’utilisateur lambda n’a généralement ni le temps ni l’envie d’apprendre une longue liste de combinaisons de touches pour des actions qu’il peut déjà effectuer facilement avec la souris. Et c’est parfaitement normal. Ce phénomène ne concerne d’ailleurs pas uniquement les navigateurs : on le retrouve dans les logiciels de bureautique, les outils professionnels, les systèmes d’exploitation et, plus généralement, dans la plupart des interfaces graphiques.
L’interface graphique permet précisément de ne pas avoir à mémoriser ces commandes. L’utilisateur peut reconnaître une action dans un menu ou sur un bouton plutôt que de devoir se rappeler la combinaison de touches correspondante. Le raccourci clavier devient alors une optimisation destinée aux utilisateurs qui souhaitent investir du temps dans l’apprentissage de leur outil.
Des solutions tentent de résoudre ce problème notamment :
- Le plugin Key Promoter X pour JetBrains
- Le plugin Key Promoter pour VSCode
etc
2. La souris pour découvrir, le clavier pour automatiser ★★★★
Lorsqu’un utilisateur découvre une nouvelle fonctionnalité ou une nouvelle application, il est essentiel qu’il commence par utiliser l’interface graphique. Il doit d’abord comprendre où se trouve la fonctionnalité et comment elle fonctionne avant de chercher à l’optimiser avec un raccourci clavier. Le raccourci doit ensuite devenir un automatisme, et non une action à laquelle l’utilisateur doit constamment réfléchir. C’est un peu comme apprendre à marcher : au début, l’enfant réfléchit à chaque mouvement, puis, avec la répétition, le geste devient naturel et inconscient.
3. Prioriser plutôt que tout mémoriser ★★★★
Lorsqu’on utilise un logiciel, on n’exploite généralement qu’une partie de ses fonctionnalités. Certaines sont utilisées très fréquemment, tandis que d’autres le sont beaucoup moins.
C’est à partir de ce constat qu’il est pertinent de prioriser la mémorisation de certaines extensions plutôt que d’autres, en fonction de leur fréquence d’utilisation et de leur importance dans les usages quotidiens.
4. S’entrainer spécifiquement sur des logiciels grâce a des plateforme (Photoshop, VS Code, Excel etc) ★★
Un raccourci clavier devient réellement utile lorsqu’il se transforme en automatisme. Pour y parvenir, rien ne vaut la pratique régulière, directement dans les logiciels que vous utilisez au quotidien.
Certaines plateformes permettent de s’entraîner sur des mises en situation concrètes, reproduisant des tâches réelles sur des logiciels comme Photoshop, VS Code, Excel, etc. Cela permet de mémoriser les raccourcis en contexte, plutôt que de simplement apprendre une liste de combinaisons par cœur.
5. Apprendre les raccourcis claviers communs ★
Avec le temps, certains raccourcis clavier sont devenus des standards que l’on retrouve dans la plupart des logiciels : Ctrl/⌘ + S pour enregistrer, Ctrl/⌘ + C pour copier, Ctrl/⌘ + V pour coller, etc.
Les apprendre est donc particulièrement rentable : une fois mémorisés, ces raccourcis deviennent des automatismes utilisables dans de nombreux logiciels. Ils permettent ainsi de gagner du temps en réduisant les manipulations répétitives.
Voici la liste à connaitre :
| Action | macOS | Windows | Linux (GUI) |
|---|---|---|---|
| Copier | ⌘ + C |
Ctrl + C |
Ctrl + C |
| Couper | ⌘ + X |
Ctrl + X |
Ctrl + X |
| Coller | ⌘ + V |
Ctrl + V |
Ctrl + V |
| Annuler | ⌘ + Z |
Ctrl + Z |
Ctrl + Z |
| Rétablir | ⌘ + ⇧ + Z |
Ctrl + Y |
Ctrl + Y* |
| Tout sélectionner | ⌘ + A |
Ctrl + A |
Ctrl + A |
| Enregistrer | ⌘ + S |
Ctrl + S |
Ctrl + S |
| Ouvrir | ⌘ + O |
Ctrl + O |
Ctrl + O |
| Nouveau | ⌘ + N |
Ctrl + N |
Ctrl + N |
| Fermer | c + W |
Ctrl + W |
Ctrl + W |
| Quitter l’application | ⌘ + Q |
Alt + F4 |
Ctrl + Q / Alt + F4 |
| Rechercher | ⌘ + F |
Ctrl + F |
Ctrl + F |
| Imprimer | ⌘ + P |
Ctrl + P |
Ctrl + P |
| Actualiser | ⌘ + R |
F5 / Ctrl + R |
F5 / Ctrl + R |
| Début de ligne | ⌘ + ← |
Home |
Home |
| Fin de ligne | ⌘ + → |
End |
End |
| Début du document | ⌘ + ↑ |
Ctrl + Home |
Ctrl + Home |
| Fin du document | ⌘ + ↓ |
Ctrl + End |
Ctrl + End |
| Déplacer le curseur par mot | ⌥ + ← / → |
Ctrl + ← / → |
Ctrl + ← / → |
| Supprimer le mot précédent | ⌥ + Backspace |
Ctrl + Backspace |
Ctrl + Backspace |
| Supprimer jusqu’à la fin du mot | ⌥ + Delete |
Ctrl + Delete |
Ctrl + Delete |
* Sous Linux, le raccourci de rétablissement peut varier selon l’application ; Ctrl + Shift + Z est également très courant.